Jeudi 22
3. Chantier
André GUILLERME
› 9:40 - 10:00 (20min)
› 1A04 - SESSION 1
De l'Auvergne à Conques : à propos d'une géographie de techniques de construction à l'époque romane
Lei Huang  1@  
1 : Histoire culturelle et sociale de l'art  (HiCSA)  -  Site web
Université Paris I - Panthéon-Sorbonne
2 rue Vivienne 75002 Paris -  France

Faute de sources textuelles, la datation des chantiers romans majeurs de l'ancien diocèse de Clermont fait, depuis longtemps, l'objet de nombreuses controverses. Les récentes études archéologiques du bâti situent l'ouverture de ces chantiers, au plus tôt, dans le deuxième quart du XIIe siècle, sans suffisamment prendre en compte l'évolution technique romane dans les régions limitrophes. Le chantier de Sainte-Foy de Conques constitue, à cet égard, un repère chronologique éclairant.

Situé aux franges méridionales du Massif central, le chantier rouergat emploie, dès le milieu du XIe siècle, les mêmes techniques de taille que celles pratiquées en Auvergne, avant de les abandonner au début du siècle suivant. Les marques lapidaires réalisées dans la deuxième moitié du XIe siècle présentent également des caractéristiques similaires à celles des chantiers auvergnats.

Un écart chronologique tellement important ne peut pourtant pas s'expliquer par un transfert technique lentement accompli de Conques en Auvergne. Tout d'abord, l'émergence de la taille alternée, de la taille décorative en chevrons et des marques lapidaires majoritairement alphabétiques est indissociable de la romanité qui perdure en Auvergne romane, alors que ce facteur fait défaut à Conques. Ensuite, l'abbatiale de Conques et certains édifices auvergnats tels que Saint-Martin d'Artonne appartiennent, par une évolution de méthodes de taille comparable, à une même géographie technique dès le milieu du XIe siècle. Enfin, le marquage de Conques, sans équivalent dans les autres régions limitrophes, n'est pratiqué qu'à une étape de construction avancée, ce qui plaide pour une éventuelle importation depuis l'Auvergne.

Tous ces éléments invitent donc à affiner la chronologie des techniques pratiquées sur les chantiers romans de l'ancien diocèse de Clermont, d'autant que rien ne s'oppose à ce que la partie romane de l'église d'Ennezat soit considérée comme les vestiges du premier édifice, érigé après la fondation du chapitre au troisième quart du XIe siècle.


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