Mercredi 21
6. Fabrique des ambiances
Ignacio REQUENA
› 13:30 - 13:50 (20min)
› 1A02 - SESSION 3
Ambiantalité des espaces et sources du "bien-être" dans la médina de Tunis, aux XVIIIe et XIXe siècles
Hind Karoui  1, *@  
1 : Equipe de Recherche sur les Ambiances. Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis  (ERA)  -  Site web
Rue El Kods, Sidi Bou Said 2026. Tunisie.  -  Tunisie
* : Auteur correspondant

Notre contribution interroge les spécificités ambiantales des espaces de la médina de Tunis, pendant la période qui s'étale de 1705-1881. Les écrits de certains chroniqueurs, lettrés et voyageurs de l'époque attestent d'une situation assez ambivalente. Si d'une part les monuments importants, à l'instar des palais beylicaux, des demeures des dignitaires, des mosquées et des mausolées, ont présenté de bonnes conditions de salubrité et de confort, de l'autre la ville a subi une détérioration croissante en raison de l'absence d'une gestion urbaine et sanitaire adéquate.

Sachant qu'avec l'instauration de la Municipalité (1858), le débat sur les politiques publiques d'hygiène avait pris de l'ampleur dans le milieu citadin tunisois, nous allons nous pencher tout particulièrement sur le savoir-faire de l'"architecte" en termes de procédés constructifs adoptés et de dispositifs d'éclairement et de ventilation mis en œuvre. Est-ce que les ambiantalités ainsi produites ont servi pour améliorer la qualité de vie dans les espaces intérieurs, et atténuer le mal de vivre dans la ville ?

Parmi les sources à consulter, nous mentionnons les traces d'un livre « perdu », sorte de manuel technique écrit par l'architecte tunisien d'origine andalouse Slimane al-Nîgrou (1832-1902) au lendemain du Protectorat français (Saladin, 1902 ; Hchaychi, 1996). Pendant cette période, l'art de bâtir local allait connaître un engouement important pour les réalisations et les pratiques constructives occidentales. Aussi, allons-nous assister à des tentatives d'innovation et de modernisation non seulement à l'échelle du bâti, mais également pour assainir et améliorer la qualité de l'environnement urbain. N'est-ce pas là une menace pour la pérennité des pratiques d'ambiances anciennes ?


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